Qu'est-ce qu'un rêve ?
Le rêve, qui appartient au sommeil, est une activité psychique involontaire constituée de phénomènes visuels, parfois auditifs et, plus rarement encore, olfactifs. Chez l'homme, cette activité périodique et répétitive se produit toutes les quatre-vingt-dix minutes après l'endormissement, pendant le sommeil paradoxal. Elle dure une vingtaine de minutes. (...) Freud a eu l'extraordinaire courage, pour le neurologue qu'il était, de s'intéresser aux rêves, mais il en a tiré certaines conclusions qui ne sont pas vérifiées. Il pensait, par exemple, que le rêve était le gardien du sommeil. Il semble aujourd'hui que c'est l'inverse qui se produit. C'est le sommeil qui permet le rêve. On peut néanmoins faire la paix avec les psychanalystes en leur laissant l'interprétation des rêves. Le psychanalyste va partir d'en haut, de l'analyse des rêves, pour aller vers l'inconscient. Le neurobiologiste va remonter, en sens inverse, à partir des mécanismes cérébraux pour essayer de comprendre la fonction des rêves. Mais je crois que cela sera comme dans l'escalier de Chambord. L'un va descendre, l'autre va remonter. Ils vont passer à côté l'un de l'autre, se croiser et se perdre de vue.
(..) Même si je suis un scientifique, dont l'objet d'étude est le sommeil paradoxal, je ne peux m'intéresser au rêve sans l'inscrire dans une longue histoire. A Lascaux se trouve un dessin, vieux par conséquent d'au moins dix-huit mille ans, qui est à mes yeux la première représentation du rêve. Il montre un homme allongé en train de rêver qu'il tue des bisons. Il est allongé, en érection, on voit son âme s'envoler comme un oiseau. Dans ce dessin, il y a ainsi tout ce qui constituera, plus tard, les civilisations et les religions : le concept métaphysique du rêve basé sur l'idée que les hommes sont composés d'un corps et de quelque chose d'autre qui agit indépendamment d'eux. Sans les rêves, il n'y aurait pas eu de sépultures, destinées à protéger le corps mais surtout l'âme ou l'esprit. Il n'y aurait pas eu non plus d'art et de création. Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les ethnologues.
Que reste-t-il à découvrir à propos des rêves ?
Leur fonction. On ne sait pas à quoi ils servent. On sait qu'ils occupent 20 % du temps du sommeil et constituent un besoin, puisque, lorsqu'on les supprime en réveillant un dormeur, ils tendent à revenir automatiquement. Mais c'est tout. On n'a pas la preuve que la suppression du sommeil paradoxal entraîne la mort. On a rendu des chats insomniaques qui n'ont fait que prendre un peu de poids. J'ai examiné un homme atteint d'une maladie qui l'empêchait de dormir totalement. Il n'a pas fermé l'oeil pendant trois mois. Nous lui apprenions des tours de cartes pour tester son apprentissage et sa mémoire. Il avait une meilleure mémoire que la nôtre, nous qui étions morts de fatigue.
Autre question non résolue : pourquoi le rêve continue-t-il d'exister alors qu'il peut être dangereux pour les animaux ? Quand on rêve, on est dans un état d'extrême fragilité. On ne peut se défendre contre les prédateurs. Cela défie toutes les lois de l'évolution qui renforcent ce qui est nécessaire à la vie. Pourquoi ? Est-ce qu'on ne se pose pas les bonnes questions ? Il n'y a pas d'énigme plus importante que le rêve.
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Telerama a consacré quelques articles au thème de la nuit. Bien aimé en particulier ceux sur la nuit dans le Grand Nord et la nuit dans le Polar.

Les arts divinatoires, euh, pardon, les "prévisions" battent leur plein, en ce début d'année. Sur le plan culturel s'entend.





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