Ces tas de bouffe sur des tables alignés comme un inventaire à la Prévert. Les huîtres, le foie gras, le chapon, les marrons, les buches. Tout y était.
Ces tensions d'adultes qui oublient les yeux des enfants pour vérifier si leur cadeau a fait mouche.
Ces mines fatiguées de certains grands pour qui l'extraordinaire de fêtes ensemble est balayé par les vents du banalisé à outrance ou de la protection des autres. Des huîtres se ferment pendant que d'autres s'avalent.
Je garderai....
Ces fruits de saison qui se découvrent parce qu'exotiques ou font du bien parce que frais. Je me suis réconcilié avec les mandarines et gardé une grande tendresse pour le raisin.
Les coquilles Saint-Jacques et le chou rouge chaud, c'est sympa.
Ces regards brillants des enfants et leur frénésie du geste à la découverte des cadeaux et à l'exclamation heureuse d'un bonheur du moment.
Ce silence magnifique qui succède à ces ouvertures, flots et papiers éparpillés, les dits enfants plongés dans leurs nouveaux trésors. Ce silence de grands tournevis en mains, aussi, à essayer de monter qui la batterie d'une voiture télécommandée, qui les réglages nécessaires à la Nintendo du petit.
Le bonheur tout simple et immense à la fois de cette dame de 84 ans que nous ne connaissions pas et qui est venue partager avec son fils et nous un réveillon dont elle aura dégusté chaque miette avec la joie de l'instant et la conscience qu'il est bon d'être ensemble.
La tranquille présence de son fils.
Ces jeux collectifs non électroniques partagés avec les enfants (dessiner c'est gagné) et plus tard, aussi, avec les grands (si j'étais).
L'énergie de cette mamy désireuse de croquer jusqu'au bout les instants de ce Noël qu'elle n'aura cette fois pas passer toute seule.
Ca va. La balance penche du bon côté. Ce fut un bon Noël.
La preuve : ce matin, en Lorraine, y'a de la neige.



Doux comme du bon pain. Chaleureux comme un feu de cheminée. Simple et puissant comme un dimanche où le temps d'un repas, d'un après-midi, trois générations se sont retrouvées pour partager un moment. De vie. Officiellement, on fête les 5 ans du petit dernier, les 40 ans de son père, les papys et mamys ont été conviés, ils couvent du regard cette vie qui est là, fondue dans le paysage, solide comme un relais que l'on se passe. 
On parle beaucoup de bracelets, par les temps qui courent, je trouve. Il y a celui pour les pédophiles. Il y a celui que mon fils a fait à l'école. Voilà maintenant celui qui nous fait annuler nos vacances. 




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