Déc. 07 26

La méthode Coué du lendemain de Noël


J'oublierai...
Ces tas de bouffe sur des tables alignés comme un inventaire à la Prévert. Les huîtres, le foie gras, le chapon, les marrons, les buches. Tout y était.
Ces tensions d'adultes qui oublient les yeux des enfants pour vérifier si leur cadeau a fait mouche.
Ces mines fatiguées de certains grands pour qui l'extraordinaire de fêtes ensemble est balayé par les vents du banalisé à outrance ou de la protection des autres. Des huîtres se ferment pendant que d'autres s'avalent.

Je garderai....
Ces fruits de saison qui se découvrent parce qu'exotiques ou font du bien parce que frais. Je me suis réconcilié avec les mandarines et gardé une grande tendresse pour le raisin.
Les coquilles Saint-Jacques et le chou rouge chaud, c'est sympa.
Ces regards brillants des enfants et leur frénésie du geste à la découverte des cadeaux et à l'exclamation heureuse d'un bonheur du moment.
Ce silence magnifique qui succède à ces ouvertures, flots et papiers éparpillés, les dits enfants plongés dans leurs nouveaux trésors. Ce silence de grands tournevis en mains, aussi, à essayer de monter qui la batterie d'une voiture télécommandée, qui les réglages nécessaires à la Nintendo du petit.
Le bonheur tout simple et immense à la fois de cette dame de 84 ans que nous ne connaissions pas et qui est venue partager avec son fils et nous un réveillon dont elle aura dégusté chaque miette avec la joie de l'instant et la conscience qu'il est bon d'être ensemble.
La tranquille présence de son fils.
Ces jeux collectifs non électroniques partagés avec les enfants (dessiner c'est gagné) et plus tard, aussi, avec les grands (si j'étais).
L'énergie de cette mamy désireuse de croquer jusqu'au bout les instants de ce Noël qu'elle n'aura cette fois pas passer toute seule.

Ca va. La balance penche du bon côté. Ce fut un bon Noël.
La preuve : ce matin, en Lorraine, y'a de la neige.


Déc. 07 13

Des voeux qui ne vont pas à la poubelle


Les premiers voeux sont arrivés. Dans la boite aux lettres. Dans la nuit de mardi à mercredi. Tout simple, tout sympa, avec un camion poubelle en illustration et un bonne année 2008. Notice à l'intérieur. Toute l'équipe de ramassage des déchets ménagers vous souhaite une trés bonne année 2008. Derrière, un petit mot. Nous sommes à votre disposition pour tout renseignement etc, etc, etc..
Bien aimé cette simplicité. Des hommes bossent tôt le matin et ce n'est pas par magie que nos détritus n'encombrent pas nos trottoirs. Merci les gars de nous le rappeler.


Déc. 07 11

Il est pas frais, mon gâteau ?


Dans la série " Scène de panique tranquille" . Pas de quoi en faire un plat quoi qu'oeufs...
C se passe sur mon lieu de travail l'autre jour. De bon matin. Ô suprise en ces lieux disons aspetisés, voilà que quelqu'un a laissé... un gâteau sur une des tables de la "cafeteria". Des tranches ont été prédécoupées. Et un  petit mot sympa accompagne l'initiative : Servez-vous. Etonnant. Et amusement ethnologique, pour le coup. Personne n'ose trop se lancer. Et le gâteau s'avère être un sacré révélateur de comportements : d'un côté, ceux qui sourient et trouvent bien agréable l'initiative. De l'autre, ceux qui osent à peine regarder le dessert en sussurant un Et s'il était empoisonné, hein ? Indéniablement un remake version farine du légendaire verre à moitié plein ou à moitié vide !

Source de l'image ici.


Déc. 07 10

Sous le sapin


A y est, le sapin est installé. Un vrai de vrai, des Vosges, qui sent bon et qui a les épines qui tombent. Un vrai de vrai désormais, chargé à donf par les enfants de guirlandes, boules et objets divers. Un peu de fêtes dans la cuisine, des yeux qui brillent, deux lettres posées devant . Maintenant, la question essentielle est posée : la crèche. On en met une ou pas ? :-)


Déc. 07 03

Tout se négocie, même la durée d'un chômage


C'est nouveau, ça vient de sortir : on peut aussi négocier la durée de son chômage. C'est ce que madame a fait, la semaine dernière. N'en revenant pas elle-même. A l'autre bout du fil, nous sommes donc à téléphone land, une dame qui travaille pour un service de l'état (et que je citerai pas par pure bonté d'âme). 
Ce qui est en "jeu", c'est dans le cadre d'un contrat aidé comme on dit, le passage d'une structure employeuse à une autre, et la nécessité administrative de rompre d'un côté les conventions existantes pour enquiller de l'autre côté sur les nouvelles conventions (c'est trés chiant mais trés logique en même temps). Juste du papier pour l'une, mais un temps chômé pour l'autre.
" Il va nous falloir une bonne semaine pour régulariser tout cela " dit la dame aux dossiers.
" Ah non, ça ne va pas être possible " s'exclame la dame au chômage. L'autre, interloquée, demande pourquoi. Pas l'habitude qu'on lui dise ce genre de choses.
" Eh bien, tout est prévu pour que l'action que nous menons depuis deux ans se poursuive sans temps mort. Il est prévu que j'ai un jour de chômage et que dés le lendemain, je puisse reprendre l'action. Je ne vais quand même pas pointer aux assedic, attendre que vous fassiez vos papiers et en plus aller travailler bénévolement car des animations sont prévues " explique-t-elle.
L'autre reconnaît qu'effectivement, il y a du paradoxe dans tout cela. Même si du pur "logique" dés lors que les logiques et les arcanes administratifs pilotent des dossiers. Et de s'engager à faire tout de suite les démarches. Pour que dés mardi, ce qui était prévu puisse se mettre en oeuvre. Il faut se battre, de nos jours, pour travailler plus... :-)


Nov. 07 30

Volutes


Merci mesdames et messieurs, cent et quelques jours après, de noter l'évolution sémantique.
Désormais, on ne dit plus Travailler plus pour gagner plus mais Travailler plus pour gagner davantage.
Notez également que les RTT et les dimanches, devenus des temps à vivre, et au nom de cet adage national, peuvent devenir désormais des temps où l'on est encore moins avec les siens.
Notez enfin, s'il vous plaît, que tout ceci sera bien évidemment volontaire. Les gens choisiront. Il ne nous vient pas du tout à l'esprit que des entreprises obligeront ce volontariat sous peine de.
Donc tout va bien. A quelques semaines de Noël, c'était important de nous rappeler que le citoyen n'est plus un contribuable, ni une personne, mais un client et une ressource humaine.
Le président a parlé. Resserer quelques boulons. Je me sens fier d'être un rouage.


Nov. 07 30

34 cheminées et 91 fenêtres


Il est des temps de vie qui se partagent.
Prenez par exemple le fumeur des temps modernes. Désormais, il va fumer dehors, donc. Et le non fumeur, c'est sûr, se demande : comment ça se passe, le temps du fumeur ? Qu'est-ce qu'il se passe dans ces moments-là ?
Il y a plusieurs possibles, en fait.
Certains sont liés à la météo des jours. Parfois, le temps nicotiné est réduit à sa plus simple expression.
D'autres sont liés ou non à la solitude ou non du fumeur exilé. Il y a de la papote ou pas. Il ne saurait être question ici d'opposer ces divers registres. Tous ils apportent leur lot de vécu.
Ainsi ce matin. Je suis allé fumer seul. Il faisait doux. Pas de pluie. J'ai pu faire quelques pas. Et noter que depuis ma position, j'apercevais 34 cheminées et 91 fenêtres. Je ne pensais pas que je voyais autant de choses au pays des volutes.


Nov. 07 23

Le chien est parti


Le chien est mort. Il venait juste d'avoir deux ans. C'était le chien de papy. C'était aussi un peu le nôtre, il venait souvent en vacances chez nous. Les enfants l'adoraient. Le jeune chien fou était joueur. Les enfants aiment ça. Hier, on leur a annoncé qu'une voiture avait percuté Apo. Qu'on ne le verrait plus. Que papy était trés triste. Et que nous aussi. Nous redoutions un peu la réaction des enfants. Ils ont assuré. Le grand a dit on n'a qu'à en racheter un autre. Le petit, lui, a dit qu'il aimait bien Apo. Ils ont appelé papy. Ils ont demandé où avait été enterré le chien. Un peu plus tard, ils nous ont demandé si nous étions tristes. Nous avons répondu que oui. Tristes pour papy, aussi, parce qu'il aimait beaucoup les chiens, ses chiens, et que c'est toujous difficile quand quelqu'un qu'on aime disparaît. Le grand a dit, oui, mais un chien, ce n'est pas une personne. Ils sont ensuite allés se coucher. Ils ont passé une bonne nuit. Nous aussi, du coup. Rassurés. La simplicité est un be outil éducatif.
Ambiance sonore : Jean Ferrat, Oural ouralou .


Nov. 07 18

C'est beau des générations qui se transmettent


Doux comme du bon pain. Chaleureux comme un feu de cheminée. Simple et puissant comme un dimanche où le temps d'un repas, d'un après-midi, trois générations se sont retrouvées pour partager un moment. De vie.  Officiellement, on fête les 5 ans du petit dernier, les 40 ans de son père, les papys et mamys ont été conviés, ils couvent du regard cette vie qui est là, fondue dans le paysage, solide comme un relais que l'on se passe.
Je regarde ces anciens d'où tout est parti, l'origine. Je me dis que 65, 70, 75 ans ont débouché d'une certaine manière sur cet instant partagé. Ce dimanche-là. Je me dis que c'est bien. Que je serais heureux, plus tard, de vivre un moment comme celui-là.
Il y a de la daube au repas. Une nappe sur la table. De la salade verte et du fromage. Du pain frais. Du Paris-Brest en dessert. Les assiettes sont blanches. Les verres brillent. Il y a des bougies à souffler. Des anecdotes à échanger. Un flash qui a crépité. On chante, en français s'il vous plaît, bon anniversaire. Bien sûr, il y a eu des cadeaux qui se sont dévoilés et révélés, mais ce n'étaient pas les bruissements de papiers et les sourires de la découverte qui importaient le plus. L'essentiel était là, dans ces quelques heures, dans ces yeux qui disaient merci de toutes parts, qui souriaient. Q'ils soient de ceux qui clignent, discrets, pudiques ou avides de manger ces secondes gorgées du soleil des vivants. Ces mercis imprononcés disaient à bientôt. Disaient c'est chouette. Disaient c'est bon. Disaient tout. 
Il y a eu des calissons et des clémentines à l'heure du thé. Des os pour le chien. Une partie de cartes pour mêler tout le monde autour de la table. Le soir, papy a expliqué à son petit fils comment on savait si la lune était dans son premier ou son dernier quartier. Il s'est agenouillé. Il a tendu son doigt. L'enfant a écouté. Regardé.  C'est beau des générations qui se transmettent.

Ambiance sonore :
Daniel Bélanger, Demain peut être .


Nov. 07 16

Ice crime


Le scabreux n'est pas trop ma tasse de thé. Pourtant, une fois n'est pas coutume, un sordide fait divers m'a agité le cocotier et me donne envie d'en écrire quelques lignes. Ô, pas la moindre envie de céder au voyeurisme, plutôt le désir d'exprimer et de partager une pensée.
Un homme de bientôt 60 ans tue sa jeune compagne de 30 ans puis se donne la mort.
Ce type, je le connaissais. Enfin, je veux dire, je l'ai connu. Au début de ma carrière professionnelle. J'ai longtemps, beaucoup et souvent échangé avec lui, enfin, échangé, le mot est un peu désuet. Le gaillard était du genre melon hypertrophié et discuter avec lui revenait plutôt à écouter du "Je, je, je" comme s'il en pleuvait. 20 ans après, le voilà qui quitte la vie dans la violence et l'incompréhensible. Ca fait drôle.
Pourquoi j'évoque cela ?
Parce que cette histoire me rappelle, si besoin était, comme les faits divers, c'est à la fois loin et extrèmement proche de nous. Une affaire de pédopholie avait éclaté il y a quelques années dans mon village. Le frère d'une connaissance avait commis un meurtre à la stupeur générale. Pour une affaire de drogue.
On est en fait bien plus confronté qu'on ne peut le penser de prime abord par le sordide.
Les crimes, ce n'est pas qu'à la télé ou dans les médias.
J'ai peine à me dire, ce matin, que nous ne vivons pas dans une époque violente.


Nov. 07 09

Jeu de piste et l'âge du capitaine

Quand la musique est bonne.

Alors voilà, mesdames et messieurs. Je vous propose, s'il vous plaît d'entendre et de réentendre des choses musicales, de passer commande ici ! Je viens d'en compiler près de 400. Ce sont mes fondations. Ci-dessous la liste des artistes.
Le jeu est le suivant : si vous avez envie de vous en mettre quelques uns sous l'oreille, indiquez votre demande dans les commentaires, vous dites, tiens, dans ta liste, j'amerais entendre ceci ou cela. Et hop, je vous mets ça en réponse sur ce blog. Elle est pas belle la vie ?

Pour accompagner le tout, joyeusement, voici... une ambiance sonore ! Raymond Devos, sens interdit .

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Oct. 07 29

T'es chez toi mais t'es chez moi et c'est ma loi qui gagne


On parle beaucoup de bracelets, par les temps qui courent, je trouve. Il y a celui pour les pédophiles. Il y a celui que mon fils a fait à l'école. Voilà maintenant celui qui nous fait annuler nos vacances.
Explication : devions aller passer quelques jours en famille au bord de la mer. Côté Perpignan. Un pote, ses parents, un mobile-home libre, et l'affaire était dans le sac. Sauf que sauf que, c'est pas comme ça que ça fonctionne. Le camping est surveillé de près. De trés près. Et si les parents du pote sont propriétaires du mobile-home, sont locataires du terrain. Du coup, n'entre pas qui veut. Patte blanche il faut montrer. Pourquoi pas. Sauf que sauf que. Même la patte blanche suffit pas. Faut être sur la liste. ET nous on n'y était pas. La dite liste est élaborée en début d'année par les proprios du mobile home. Communiquée au patron du camping. Et ça fait office de. Après, c'est limpide : on est pas sur la liste, on entre pas dans le bazar. Et surtout on ne s'y installe pas. Les parents du pote ont beau être propriétaires de leurs murs, font pas ce qu'ils veulent de leur chez eux. Z'ont signé un contrat, après tout. Moralité : toujours bien lire ce dans quoi on s'embarque. Et éventuellement, faire d'autres choix. Après c'est trop tard.