Déc. 07 25

Autre mots d'un Noël, autres mets


Ambiance sonore : Jofroi, Bonjour les humains .
Le texte ci-dessous est la reproduction quasi in extenso de la newsletter du site Remue-net. Ce serait un manifeste, je signerais. Des deux mains. Aujourd'hui.

On aurait pu avoir l’envie de le lancer avec une brassée de sourires.
Mais pas le cœur, pas l’esprit. Non. Vraiment pas. Échos du monde. Bruit de ceux qui n’ont pas la parole, ces sans-voix comme le dit Rancière dans La Mésentente, bruit de ceux qui n’ont plus rien. Mais qu’on tende bien l’oreille, leur bruit, c’est le silence qui vrille, bien au-delà des mauvaises consciences éphémères, des phrases de circonstance, ou des scandales qu’on oubliera demain, aveuglés par les brillances factices de l’époque – et écrivant cela on voudrait se préserver des phrases faciles, des révoltes convenues ; on est toujours si mal placé, et on le sait. -----

La lecture du moment vient se heurter à l’époque, tracer en profondeur les blessures et la violence des temps qui s’annoncent. J’avais raté en 2005 la sortie française de ce livre de 1992, Les Dépossédés de Robert MCLiam Wilson(occasion de saluer la mémoire de Christian Bourgois), avec la promesse faite de combler cette lacune. La sortie en poche (c’était en mai tout de même) vient souligner le malaise ressenti.
D’abord parce que Robert MCLiam Wilson s’adresse à nous, très directement. Dans sa préface inédite de février 2007, l’auteur de Ripley Bogle s’adresse au lecteur français. Mais d’abord le livre, son s Dans sa préface de 2007, Robert MCLiam Wilson conclut par ces mots :

« Mon espoir serait que ce livre reste lettre morte dans un pays comme la France. Mais je crains pour l’avenir, car les vents dominants de l’actuelle politique soufflent désormais dans ce sens. Et si jamais l’orage éclate, si pareille absurdité se met à parader dans la vie publique française, je compte sur la présence de quelques individus cachés quelque part dans la foule, des dissidents au sens le plus élémentaire du terme, pour montrer simplement et obstinément que le Roi est nu. »





Revenir à remue.net et ce que l’on y trouve. Parce qu’il faut continuer et tenir la barre, celle des mots, des textes et des rencontres, celle de l’amitié qu’on espère faire partager avec chaque lecteur qui s’arrête chez nous. Là aussi la réalité, juste autrement. À la suite de la rencontre organisée le 14 décembre au Centre Cerise (merci à ceux qui ont bravé le froid), l’envie de prolonger, et l’idée de témoigner par quelques mots du « Comment j’en suis arrivé.e à remue.net ». Et vraiment cette impression des liens tissés. D’où cette chanson de moussaillons : J’étais dans l’océan Indien quand il m’a harponné... (par Jean-Michel Defromont), Autre coup de harpon (par Jean-Marie Barnaud) et Il me semble : c’est moi qui tenais le harpon (par Miguel Aubouy). À lire également le prologue de Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Robles… Autre signature, celle de Thierry Beinstingel qui nous propose une « Petite nouvelle en forme de poisson rouge ». Ne rien dire et laisser découvrir. Ne rien dire sinon que « La courgette en gratin était partie dans le four » et que l’on retrouve Thierry Beinstingel sur son site, et que son dernier livre CV roman est toujours en librairie. Et aussi le très beau texte inédit de Françoise Ascal « Noir-Racine » qui fouille loin dans nos images.

« La langue du monde n’a pas de bouche.
Les lèvres de celle qui cache ses larmes sont cousues. Son savoir est muré, enfoui sous un amas de "chemises de peau" et jupons superposés. »

Et offertes par François Bon, trois notes de lectures pour saluer Dominique Quélen, Eric Chevillard et Auxeméry. Et ces quelques lignes d’Auxeméry :

« Et travail de saturation, oui.
Où la parole mime les modulations de la chambre d’échos.
Où l’on n’existe que dans des passages - traitement des figures par dissolution et coagulation. »

Commentaires

1 - Bonjour les humains

Tes "ambiances sonores" sont toujours pour moi des découvertes et très souvent des plaisirs.
Merci d'être en veille... pour moi.

 


Claudiogène | Le Mercredi 26/12/2007 à 11:05 | [^] | Répondre

2 - Re: Bonjour les humains

Il y a tellement de belles choses à partager, il faut dire :-)
En tout cas merci pour cet encouragement à perséverer tant que la sacem nous permer ces instants partagés !

 


Didier | Le Mercredi 26/12/2007 à 11:47 | [^] | Répondre