Ce truc en plastique qui créé des relations
Après le Yéti, et dans l'ordre d'apparition sur scène, c'est Tiphaine et son El Bolg qui s'y sont collés. Léon lui a envoyé une interview par mail. Elle y a répondu et notamment ceci : " La blogosphère est riche d’individus
passionnants, je ne me lasse pas de les fréquenter, j’admire
leur plume, leur regard, leur façon si particulière de
voir le monde ! Les êtres ne sont pas si virtuels qu’on
veut bien le croire (...) N’est-ce pas extraordinaire
qu’un truc en plastique et en métal réussisse à
me mettre en contact avec des hommes et des femmes faits de chair et
de sang ? Je n’en reviens toujours pas ! " Ca le fait, non ?
Ses réponses m'ont inspiré l'accompagnement sonore suivant, bonne lecture !
Graines & bulbes, les enfants des autres.
Léon : Vous
avez un jour décidé de créer un blog. Pourquoi
?
Tiphaine : Je venais d’être mutée
dans un collège de ZEP, je morflais méchamment, j’avais
envie de témoigner. Je n’arrivais pas à en parler « à
voix haute », ça restait coincé, je me
protégeais comme je pouvais des sanglots, de la révolte,
de la colère, de la folie. Mon premier blog m’a permis
d’extérioriser tout cela, c’était déjà
pas mal du tout ! Maintenant, je n’écris plus vraiment
pour cette raison, j’écris essentiellement par plaisir, la
joie des mots, le bonheur de l’échange, le désir
d’être lue, le besoin d’écrire tout simplement,
devenu primordial au fil du temps.
Le
vôtre, comment le définissez-vous ? On trouve quoi,
dedans ?
Mon blog ne peut pas être
défini autrement que par son sous-titre : de la vie, en
vrac. Tout ce qui concerne de près ou de loin la vie me
touche, la mort aussi, qui n’est pas aussi loin qu’on veut bien
le penser de la vie. On y trouve de tout, en vrac, sans
discrimination, des cris, des larmes, des fous-rires, des rêves,
des fictions, des morceaux de réalité, de
l’incroyablement vrai, du vraiment incroyable !-----
Comment
êtes-vous tombés dans la blogosphère ?
J’ai réalisé quelques sites, j’étais
assez frustrée de ne pas avoir de retour, j’avais envie de
savoir ce que les visiteurs éprouvaient. J’ai appris un jour
l’existence des blogs, j’ai tapé « blog prof »
sur google, un nouveau monde est apparu ! Très vite, j’ai
eu envie de faire la même chose ! ça m’a pris
une semaine !
J’ai d’abord pensé à appeler mon blog, « le blog », ça faisait tout de même un peu prétentieux, alors je me suis amusée à mélanger les lettres, ça a fini par donner « el bolg », j’aime bien le côté hispanisant du EL associé au mot bolg, ça m’évoque une balle qui rebondit en faisant bolg-bolg, quelque chose de joyeux !
Votre objectif a-t-il évolué depuis que vous avez ce blog ? Est-ce qu'aujourd'hui, vous "tirez" dans le même sens que lorsque vous avez démarré ou est-ce qu'au contraire, pas mal de choses ont évolué ?
Lorsque j’ai créé « el bolg », c’était une parent-thèse, un blog de transition. Je mettais en pause mon blog de prof, pendant neuf mois, parce que je cessais de travailler pour me consacrer à ma future (et désormais bien présente !) fille. Petit à petit, cette parenthèse s’est largement ouverte à tel point que j’écris maintenant autant pour l’un que pour l’autre. Cela dit, je tire toujours dans le même sens, celui de la vie !
Les commentaires, les
statistiques : c'est important pour vous ?
Les
commentaires sont très importants, les statistiques un peu
moins. Lorsque j’écris des nouvelles ou des textes un peu
plus littéraires, des poèmes aussi, j’aime avoir les
avis de mes lecteurs, je les sollicite même. Leurs critiques ne
me blessent pas, elles m’aident au contraire à progresser.
J’ai confiance en mes commentateurs, nous avons un respect
réciproque qui nous permet ce genre d’échanges
constructifs. Par ailleurs, j’aime beaucoup quand un de mes billets
entraîne un débat entre commentateurs, je me nourris des
contradictions, des nuances, j’apprends, je découvre !
Les statistiques ne sont pas importantes dans le sens où je
n’écris pas pour en avoir plus mais je les regarde quand
même et je suis heureuse quand je constate que j’ai de plus
en plus de lecteurs car, même si j’écris d’abord par
plaisir, j’écris pour être lue tout de même !
Quels
arguments donneriez-vous à quelqu'un pour qu'il ouvre un blog
?
Je n’en donnerais pas. C’est un
chemin personnel, je ne suis pas sûre qu’il faille convaincre
qui que ce soit !
Quels
conseils avez-vous envie de donner à quelqu'un qui s'y met
?
Fais-toi plaisir, ne te force pas,
écris quand tu en as envie, par plaisir, pour le plaisir
jamais par contrainte. J’ai horreur du remplissage !
Quels
sont les dix blogs que vous "fréquentez le plus" ?
Argh ! C’est la mort dans l’âme
que je me résous à sélectionner ces dix là
de ma blog roll !
Ah oui ; Biloba ; Bleu comme une
orange ; Chez Cécile ; La grande Loulou ; La prairie aux
lucioles ; La semaine de
buvette ; L-che ; Le blog de Madison ; Les petites
choses ;
Si
votre blog était une chanson, quelle serait-elle ?
« Y’a
une route », de Gérard
Manset, et plus précisément, ce passage : Y a une route. Tu la longes ou tu la coupes. Tu t'allonges et on t'passe dessus ; Ou tu t'lèves et on t'tire
dessus. Y a une route. C'est mieux que rien. Sous tes
semelles c'est dur et ça tient.
Si
votre blog était un film, lequel serait-ce ?
The
wall, par Alen Parker.
Si
votre blog était un livre, ce serait quoi ?
Don
Quichotte de la Manche, de Cervantes.
Si
votre blog était une citation, vous diriez quoi ?
« Faites que
le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore
pas votre rêve », Philippe Chatel
Avez-vous
envie d'ajouter quelque chose que n'aurait pas permis d'évoquer
cette interview ?
Un petit bilan des points positifs et des points
négatifs ? Commençons par le
moins important, les points négatifs, ils sont suffisamment
peu nombreux pour m’empêcher de continuer :
Le manque de
temps : écrire un blog en demande beaucoup, surtout
quand on l’alimente souvent. Si on préfère la
qualité à la quantité, on est obligé d’y
consacrer beaucoup de temps, parfois, c’est pesant, surtout si
cela vient empiéter sur du temps qu’on devrait consacrer à
des êtres tangibles ! Il faut parfois savoir faire des
pauses, s’imposer des moments hors du monde virtuel
La frustration :
je me sens obligée d’aller lire les blogs de mes
commentateurs, ils s’invitent chez moi, je trouve normal de leur
rendre la politesse ! Mais là encore, cela demande
beaucoup de temps, et j’ai la fâcheuse habitude de TOUT
lire ! Si j’ai manqué une semaine, je lis tous les
articles en retard ! C’est avant tout un plaisir, mais c’est
toujours avec une certaine appréhension que je déroule
ma blog roll, j’ai même parfois l’espoir secret qu’un
blogueur a été absent et que je vais pouvoir passer
plus rapidement au suivant ! Je regrette de réagir
ainsi, mais je suis bien obligée de constater que c’est ce
que j’éprouve parfois ! Heureusement, la plupart du
temps, c’est avec bonheur que je lis les articles de mes blogueurs
préférés !
Les points
positifs : des découvertes, des rencontres, des échanges
d’idées, de chansons, de musiques, de livres, des éclats
de rire, des coups de colère, des larmes, des moments proches
du miracle ! La blogosphère est riche d’individus
passionnants, je ne me lasse pas de les fréquenter, j’admire
leur plume, leur regard, leur façon si particulière de
voir le monde ! Les êtres ne sont pas si virtuels qu’on
veut bien le croire, j’ai l’impression d’en connaître
certains, j’ai même eu le bonheur d’en rencontrer en vrai !
Miracle de l’informatique ! N’est-ce pas extraordinaire
qu’un truc en plastique et en métal réussisse à
me mettre en contact avec des hommes et des femmes faits de chair et
de sang ? Je n’en reviens toujours pas !
Un commentairien
| Le Mercredi 13/06/2007 à 16:59
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1 -
Encore une découverte musicale ! ça me va très très bien !
Merci !
A chaque fois que je vois écrit Léon, ça me fait penser à un spectacle de crèche vivante, quand j'étais gosse, à l'église et quatre marmots, tenant chacun une lettre du mot "NOEL". Ils s'étaient trompés de sens et tenaient fièrement leurs pancartes, la foule silencieuse se demandait sans doute qui était ce fameux LEON...