Histoire à feuilletons
Construction "au fil des jours" d'une histoire qui nous ménera je ne sais pas trop où. L'idée est simple, c'est un jeu que tout le monde connaît : on commence avec une phrase, on rajoute au fur et à mesure des éléments, et à la fin, on obtient un texte. Coup d'envoi en ce samedi 5 mai 2007. Vous pouvez utiliser les commentaires sivous souhaitez mettre votre grain de sel, suggérer des mots ou des phrases, etc.
Image reproduite avec l'aimable autorisation de son auteur.
On peut trouver son site ici.-----
Je suis arrivé là par hasard et pas rasé. Hirsute au pied d'un rocher. La marée était à son point le plus bas. Sable gris lune. Notre ressemblance me frappa. J'écumais, moi aussi. Sur la plage arrière, un vieux bout de pain avait définitivement été durci par le soleil qui dardait dur de ses rayons. C'est l'été, en plein hiver. Les arbres restent désolés. Les fleurs roupillent. Seul le ciel est bleu. Despérément bleu. Jamais jusqu'à présent je n'avais à ce point prié pour des giboulées. Quelques mouettes dansaient autour d'un vieux rafiot des mers, coque décrépie, cheminée crapoteuse. Le sillon conduisait jusqu'au vieux port, qu'on aurait cru déaffecté alors qu'il n'est que labeur. Elle a mis sa main dans la mienne, allégeant mon épaule. Je suis tombé de haut. Tout le reste, je ne m'en souviens plus. (05052007 - Léon).
Je regarde l’océan. Loin. Loin derrière les kilos de viande qui s’étalent sans pudeur. J’entends les cris. Loin. Des enfants qui jouent, sans doute. Tout est différent. Tout a changé.
C’était l’été en plein hiver. Elle avait mis sa main dans la mienne.
Je regarde ma main vide et j’ai froid soudain. (06052007 - Tiphaine)
Je ne sais même pas comment je suis arrivé là. Ni quand. Dans la tête des flashs me traversent. Parfois me transpercent. Une petite fille tourne le dos à l'azur et me scrute. Je lui souris. J'aimerais me plonger dans ses yeux immensent, y déceler pourquoi pas quelques unes des bribes qui pourraient m'aider. Je revois trés bien l'accident. Ce sang partout. Mais il me semble que c'était à la montagne. Une route escarpée, en tout cas. Des arbres. Des cris d'animaux. Je revois ma mère sourire lorsque le matin, les yeux nulle part et le cheveu désordonné, je débarquais dans la cuisine. Elle dans sa robe de chambre bleue, ses pantoufles, et ma mine rauque. J'ai lu sur ma carte d'identité que j'avais 47 ans. Au milieu, un désert. (13052007 - Léon)
Je connais cet endroit. Est-ce vraiment le hasard qui m’a conduit jusqu’ici ? Mon pied sur l’accélérateur, ma main qui passe les vitesses toute seule...Mon corps a pris le contrôle. Je l’ai laissé faire. Quelque chose au fond de moi veut que je me trouve à cet endroit précis. Quelque chose sait pourquoi je suis là. Quelque chose me dit que ce n’était pas le hasard qui conduisait sur la route escarpée. Ce sang partout. Le sang n’est jamais un hasard. Le sang ne peut pas être un hasard, ou alors quoi ? (24052007 - Tiphaine).
Cela fait plusieurs fois maintenant qu'un flic vient me voir. Il m'a posé des questions. J'aperçois sa silhouette, aussi, de l'autre côté de la vitre. L'infirmière m'a dit de ne pas m'inquiéter en me faisant ma piqûre. Tout cela m'inquiète. Le médecin aussi a posé des questions. Je suis seul ici, m'a-t-on expliqué. Et ce n'est pas logique. Personne ne vient me voir. Ma disparition n'a pas été signalée. Ma voiture était une voiture volée. Je n'apparais dans un aucun fichier. J'ai mal. Mal au crâne. Je cherche mais rien. Ne vous fatiguez pas trop, me dit-on sans cesse. Mais alors pourquoi m'épuisez-vous ? Pourquoi personne ne me répond ?
- Docteur, docteur, il est en train de se réveiller.
- Continuez la surveillance. (27052005 - Léon)
Je marche dans la ville. Une ville que je reconnais dans laquelle je ne suis jamais allé. Il y a des morts, partout. L'affiche d'un journal évoque en gros titre l'épidémie. Il n'y a plus personne. Je vais de décombres en décombres. Soudain, une rivière me plonge dessus. Je me redresse d'un coup.
- Docteur, ça recommence.
- Il a ouvert les yeux ?
- Non, mais au moment où j'ai voulu qu'il boive, il s'est redressé d'un coup.
- Continuez la surveillance.
La rivière m'a innondé. Le frais m'a fait du bien. Mais la ville a disparu. Me voilà dans une forêt. Des animaux me regardent passer. Ils sourient. Au loin, une clairière, une mare, rouge. Mon père m'explique que ce sont les papéteries qui se déversent. (10062007 - Léon).
Je suis sorti du coma parce qu'on me l'a dit. Moi, je me suis juste retrouvé dans un hôpital, des fils partout, des machines au souffle rauque, avec une infirmière à mes côtés. Elle avait un immense sourire. Ses yeux ne souriaient pas. Un médecin est arrivé quelques secondes plus tard. Le front soucieux. Il a pris mon pouls. Il a regardé les machines et des papiers. Il a fait un signe de la main. L'infirmière l'a suivi. Elle est revenue un peu plus tard, avec d'autres médecins. Je ne voyais rien de tout cela. J'avais mal à la tête. Des flashs m'accablaient. Un océan, du sang, une main, une ville, une rivière. Un des hommes me sortit de ma torpeur en disant à son collègue :
- Dites au commissaire qu'il ne pourra pas venir avant vendredi. C'est encore trop tôt. (17062007 - Léon)
Vendredi, clinique des Pins.
10 h 32
- Que faisiez-vous sur la route de St Palais ?
- Aucun souvenir monsieur le commissaire…je sais seulement m’y être trouvé. Pourquoi ? Je ne saurais répondre....
- Vous savez qu’on vous y a récupéré dans un état de prostration, tenant des propos incohérents…
- Oui, on me l’a dit…
- Et le corps recouvert de sang…pas votre sang.
- On me l’a dit aussi.
- Nous sommes inquiets monsieur. Cette grande quantité de sang sur vous et dans votre véhicule, qui se trouvait près du lieu de votre découverte, laisse penser que quelque chose de grave s’est déroulé.
- …
- Quelque chose dont vous n’avez aucun souvenir semble t’il…
- En effet.
- Il s’est passé sans aucun doute un acte d’une grande sauvagerie. Une telle quantité de sang en est la preuve, et votre amnésie en est aussi la conséquence je crois…Je ne vous cache pas que je considère que vous pouvez en être l’auteur…mais vous pouvez aussi n’être qu’une victime.
10h57
Le commissaire Capdessus (il m’a laissé sa carte) est parti. Sa visite ne m’a rien appris. Elle m’inquiète. Je ne lui ai pas dit que dans un semblant de souvenir brumeux c’est une femme qui tient ma main. (26062007 - Nikkos)

Didier
| Le Dimanche 27/05/2007 à 11:24
| ![En Haut [^]](/public_images/skins/itheme/fleche-haut-13.png)





1 - Question
On a le droit de jouer directement, hop, ou il faut s'inscrire, se faire connaître, tout ça, tout ça ?!